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16/03/2011

AVANT-PROPOS DE MON ROMAN "GEMINI", EN COURS D'EDITION...

Cet avant-propos, je l'ai écrit il y a quelques semaines, en prélude à Gemini. Je vous le fais partager, car je me rends compte, en le relisant, qu'il entre douloureusement en résonance avec les drames qui à nouveau martyrisent notre mère terre, et toute la vie qu'elle porte en elle...



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Chaque vie qui éclôt dans l'univers peut se targuer d'être le fruit d'un miracle. Elle mériterait à cet égard un respect infini. Elle mériterait de susciter un émerveillement sans borne. Toute vie naît du néant, cette énigme insoluble, s'obstine à briller le temps d'un souffle à l'échelle de l'éternité, puis retourne au néant. Le découragement aurait dû naturellement l'emporter depuis bien longtemps : à quoi bon vivre, en effet, puisqu'aucune vie n'est éternelle ? Pourquoi se donner tant de mal à étinceler si brièvement au cœur des ténèbres, puisque l'on sait pertinemment que tôt ou tard, il faudra s'éteindre ?
Pourtant, une irrépressible pulsion de vie, faisant fi de ces interrogations, permet depuis des temps immémoriaux la perpétuation de toutes les espèces.
Et nous sommes là, ici et maintenant, nous les humains, à proliférer sans aucune gêne sur cette terre. A progresser, au point d'être désormais capables de faire reculer la mort derrière nos armées de machines toujours plus sophistiquées. Notre désir de la nier devient si obsédant que la vie n'a plus qu'à se dépouiller de ses valeurs fondamentales.
Aujourd'hui, on peut tuer pour quelques euros, un téléphone portable ou un lecteur MP3, sans que presque personne ne s'en offusque. Ce ne sont que des faits divers, noyés dans la phénoménale masse d'informations qui inonde la planète à chaque seconde. De là à tuer un être humain parce que sa tête ne nous revient pas ou que sa manière d'agir ne nous plaît pas, il n'y a qu'un tout petit pas, que beaucoup ont déjà franchi.
En ce sens, Gemini n'est rien d'autre que la métaphore de notre société, au sein de laquelle tuer ne semble pas plus absurde que vivre. Une société, soi-disant humaine, en perte vertigineuse des repères, valeurs et sens les plus cruciaux qui soient : ceux de la vie. Gemini est un appel à oser nous confronter à notre côté sombre, à l'assumer, afin de mieux le combattre, au lieu de le fuir ou de le nier, pour rendre possible un éveil de nos consciences, avant qu'il ne soit trop tard.
Enfin, sur un plan plus individuel, intimiste, Gemini conte l'histoire d'un homme ordinaire, condamné à l'extra-ordinaire, un électron libre, évoluant par-delà les notions du bien et du mal. Il pourrait être ce qui naît de nos rêves – ou de nos cauchemars ? – lorsque notre raison s'endort.

© Marie Fontaine


04/03/2011

Merci à tous mes visiteurs !

Un grand merci à tous ceux qui passent sur mes pages.

Je sais que vous êtes de plus en plus nombreux à visiter mon blog.

Mais je trouve dommage de n'avoir aucun avis ! Que presque personne ne laisse trace de son passage...

Aimez-vous ? Détestez-vous ? Êtes-vous indifférents ? Cela m'aiderait de savoir... pour avancer...

Un écrivain n'est rien sans ses lecteurs, sans échange avec eux.

Alors n'hésitez plus à vous exprimer ! Merci...

Marie Fontaine


merci, lecture, écriture

09/11/2010

ON ACHEVE BIEN LES AUTEURS

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Au gré de mes pérégrinations sur Internet, d'éditeur en éditeur, je suis tombée en arrêt devant un site dont le contenu semblait si incongru, que j'ai dû plusieurs fois me frotter les yeux tant j'avais l'impression de rêver. Ou plutôt cauchemarder, ce verbe étant infiniment plus proche de la sensation désagréable que j'éprouvai alors.
Une première page vous accueille, avec une défilante sur laquelle apparaissent des photos d'auteurs, alternant avec l'actualité de la boîte. Jusque là rien d'anormal, me direz-vous, Internet fourmille de ces maisons d'édition en ligne qui soignent leur publicité.
Mais bientôt quelques détails m'intriguent : « Internautes devenez éditeurs », « Auteurs signez chez un grand éditeur », peut-on lire en haut, à droite de la page... En bas sont présentés des livres à éditer. Sous chacun d'eux figurent des mentions pour le moins étranges : 1 100 € misés, 10 510 € misés... Misés ? Qu'est-ce à dire ? Tout simplement que n'importe quel internaute lambda peut miser la somme qu'il souhaite sur un livre qui lui aura tapé dans l'œil. Le but ultime étant pour l'auteur en mal d'éditeur de réussir à convaincre le plus de parieurs possible, de façon à atteindre la somme totale de 20 000 € misés sur son œuvre. Condition sine qua non s'il veut caresser l'espoir de voir un jour ladite œuvre trôner dans les vitrines des librairies, qu'elles soient virtuelles ou traditionnelles. Je comprends enfin que je me trouve face à face avec la première maison d'édition participative de France et de Navarre. Une coulée glaciale ne manque pas alors de glisser le long de mon échine, et de me réfugier instantanément sous le trait d'esprit d'un Cioran qui tombe ici à pic : « On voudrait parfois être cannibale, moins pour le plaisir de dévorer tel ou tel que pour celui de le vomir. »
Car enfin, il s'agit ici de LIVRES, que diable ! Pas de vulgaires canassons ou d'équipes de football sur lesquels des turfistes ou des amoureux du ballon rond vont parier de l'argent.
Après avoir amoindri, bradé, soldé la littérature, voilà que cette époque la rabaisse encore un peu plus, la mettant sur le même rang qu'un cheval ou une équipe ! Voilà les écrivains suspendus au bon vouloir d'un parieur... Mais jusqu'où est-on prêt à aller dans ce délire ?
Auteur, cher auteur, je comprends bien que tu sois tout disposé à vendre ton âme au Diable pour voir tes écrits éclore dans le monde impitoyable de l'édition. Seulement voilà, te reste-t-il une âme ?

© Blackfountain